
Ce que pensent les autres
Je répète tout le temps qu’il ne faut pas faire cas de ce que les gens pensent de notre personne, on risquerait de finir complètement misanthrope. Il y a des choses qu’il est préférable de ne pas entendre. Nous sommes toutes et tous victimes de jugements hâtifs comme toutes et tous nous en formulons à l’encontre des autres. C’est bête et humain à la fois.
C’est le cas lorsque nous ne disposons que d’une vision superficielle de quelqu’un (du coup Insta est le terrain de jeu idéal du bitch watching). Le royaume du cliché, c’est le cas de le dire. Alors que derrière ces derrières exposés se cachent sûrement des oies blanches en mal d’amour (ouais enfin surtout d’amour propre hein). Voyez c’est si facile de bitcher. Et le bitchage est proportionnel au degré de succès évidemment. Sauf que ce n’est pas notre cas, nous ne sommes pas successfull et pourtant ça n’empêche pas les jugements et les malentendus. C’est ça qui est troublant. Que l’on nous prenne pour quelqu’un que nous ne sommes pas, que l’on nous prête des caractères trop éloignés des nôtres.
L’autre jour au marché, je parlais avec mon boucher de je ne sais quoi, j’ai dû lâcher le mot « passion » et son employée, qui est charmante au demeurant, me lance « toi ta passion c’est les hommes », j’éclate de rire « ah non je préfère les chiens » j’avoue maintenant que cette réplique peut paraître douteuse, suivie d’un « mais d’où ça vient ce truc ? Qu’est-ce qui te fait dire une chose pareille ? » – Elle, qui fait déjà 1m02 aurait pu totalement disparaître tant elle était gênée par son audace qu’elle n’avait pu contrôler. Mon boucher tout rougissant lui aussi a fini par être emporter par mon fou rire. Le « Ce n’est pas comme si je me pointais en décolleté tous les vendredis » a clôturé la conversation.
Alors certes, ça m’a fait marrer mais ça m’a rappelé d’autres malentendus dont je n’avais pas eu écho aussi directement mais que ma fille m’avait rapportés, lorsqu’elle faisait ses premiers pas sur des scènes parisiennes, dans des jams, elle était si jeune que je l’accompagnais partout. J’étais seule avec elle, je ne suis pas timide, j’ai le contact facile et l’intérêt des autres, je suis gaie et bavarde en société mais je ne minaude jamais, j’entretiens des rapports fraternels et non de séduction avec les gens y compris les femmes, je ne m’habille pas sexy, mais ça suffit apparemment pour passer pour une meuf qui cherche à pécho ou une meuf légère je n’en sais rien. Cela dit, personne ne m’a jamais manqué de respect, ni essayé de tenter quoi que ce soit. On est bien dans le sujet « ce que pensent les autres », ce qui est bien emmerdant puisque ce n’est que rarement verbalisé.
Idem lorsqu’on sort entre filles. Je me souviens d’une femme de notre âge, qui faisait la queue comme nous pour choper une bouteille dans une guinguette des bords de seine « alors vous avez fait votre repérage » « c’est-à-dire ? » « bah vous avez repéré des mecs » « what ? mais on s’en branle nous des mecs, on est là entre filles et on compte le rester ». Je déteste cette étiquette Cougar dont les quincailles lorsqu’elles sont en batterie font les frais ah ah mais apparemment ce n’est pas qu’une légende. Agrrr on n’est pas dans Sex in the city. Cela dit on a passé quelques soirées d’anthologies à remettre à leur place des bandes de relous qui finissaient par s’excuser platement. Bon, ce n’est pas du tout le fait que des mecs tentent leur chance en se disant « sur un malentendu ça peut marcher » non ce n’est pas ça, ce que je trouve incroyable c’est juste que le simple fait d’être sociable envoie à priori le signal « open bar ».
Une femme doit être timide, avoir une voix douce, être effacée et à l’écoute, ne jamais jurer, boire ½ coupette et être pompette, enfin toutquestcequedit Foresti dans ses sketchs. Autrement c’est une salope.
Bon bah me voilà bien rhabillée pour l’hiver hein, j’imagine que dans quelques petites années, je passerai juste pour la vieille folle de service, cela dit mieux vaut faire envie que pitié.
Et je ne parle même pas des à priori que les gens ont sur les meufs qui aiment les fringues… Elles sont forcément décérébrées.
Bref continuons à s’en ballec pour ne pas risquer de se perdre en route. Non ?
