
Hygiénisme
Je devrais me recycler dans le bien-être, j’aurais plus de succès. Je veux dire le bien-être consumériste, pas le bien-être en général qui lui ne s’achète pas, c’est un état, t’es bien ou t’es pas bien, y’a pas de recette miracle pour ça.
Je constate à quel point les meufs de mon âge sont obsédées par les produits de soins et tous les trucs miracles pour maigrir. C’est bien de croire au Père Noël, de vouloir repousser un max les lois de l’attraction, de faire des incantations au soleil et autres astres mais ça suffira pas… On vieillit et rien ne pourra arrêter ça. On pourra aller se faire faire des massages faciaux, des piquouses à l’acide hyaluronique, des enveloppements aux algues régénératrices autant qu’on veut, que rien n’y fera. Et combien même, qu’est-ce que ça change qu’on ait l’air d’avoir 47ans ½ ou 52 ans ? Que dalle.
C’est quand même con de dépenser autant d’énergie et de fric dans des produits pseudo miraculeux, voire carrément dangereux pour contrer des phénomènes somme toute naturels – la dégénérescence des cellules ça a un impact visible, manger nourrit et quand y’en a + qui rentre qui ne sort et ben ça fait grossir surtout quand la chaudière s’est mise en hors gel (métaphore poétique pour la ménopause) – Ce n’est pas comme si on était née de la dernière pluie ! C’est pas comme si on apprenait tout ça, là maintenant.
Alors que bordel, il suffit de faire le plein de belles sapes à se mettre pour que tu oublies tout ça. C’est fait pour ça la parure, pour embellir; les vieux, les moches, les petits, les gros, les maigres, les trop grands, les souffreteux, les tordus, les éclopés, les vérolés… Tout le monde tout le monde, depuis que l’humanité existe. En plus, ça permet de mettre en avant ta créativité, enfin surtout maintenant car durant des siècles tout ça était quand même très codifié par la société.
Vous aurez compris que j’ai choisi mon camp et ce depuis toujours. Jusqu’à mes 16, 17 ans, j’étais toute squelettique, je détestais. C’est sans doute pour ça que j’ai développé une légère addiction aux fringues. Elles viennent combler quelque chose c’est évident. Sauf qu’avec elles, il n’y a pas de déception contrairement à la poudre de perlimpinpin. Idem pour les petits kilos en trop. Lorsque vous apprenez à vous saper, ils disparaissent instantanément. Pourquoi passer sa vie à contrôler tout ce qu’on ingurgite ? Je ne parle pas de réel surpoids qui pourrait mettre en danger votre santé, je parle de ces 5 kilos, en plus ou en moins, qui sont un problème. Bien sûr, c’est important de se sentir bien dans son corps, mais être bien dans sa tête c’est encore mieux et quand ces histoires de poids prennent tout ton temps de cerveau disponible alors c’est problématique. Franchement, qu’est-ce que ça change ? On ne va pas faire le concours de Miss France hein. Mon poids a varié de 10 kg en 30 ans, très progressivement. Il y a eu des périodes où je pesais moins lourd qu’aujourd’hui mais où j’étais moins bien gaulée. J’ai dû faire 2 régimes dans ma vie (et pas vraiment restrictifs), j’ai perdu puis j’ai repris, ça ne sert à rien à part se faire des nœuds au cerveau. Je ne me pèse jamais (sauf chez la gynéco). Une femme n’est pas plus belle en 36 qu’en 40 ou 42. Ce qui compte c’est de faire la paix avec ça et malgré tout de faire de l’exercice.
En fait les femmes accrochent et se font du mal avec des choses que les autres ne remarquent pas. Qu’est-ce que les gens voient de nous en premier lieu ? Un ensemble, un tout ET nos FRINGUES ah ah
Pour le reste, allez voir ailleurs si j’y suis pas.
