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Le style pour toutes

Dans le dernier cahier de style j’abordais en préambule le fait que certaines femmes se sentent exclues de la mode, pour plein de raisons différentes. Parce que plus de leur âge, parce que pas de budget à y consacrer, parce qu’elles n’y comprennent plus rien, que les tendances changent trop vite, qu’elles n’ont pas le corps qui le permette et j’entends ces raisons et c’est exactement pour ça que je me suis lancée dans cette aventure.

Je vais encore me répéter mais ce flux continu d’images au lieu de nous inspirer peut avoir l’effet inverse, nous inhiber. Les photos sont léchées, les nanas pour la plupart sont jeunes et gaulées et entièrement griffées. Est-ce pour autant qu’on doit lâcher l’affaire ?

On a toutes une vision un peu floue de nous-mêmes. Déjà parce que nous nous regardons de façon morcelée. Les jambes, les bras, les yeux… Alors que les autres nous voient dans notre globalité et pas seulement physique. Nous sommes des êtres animés, avec un corps, une tête, un esprit. Et c’est ça qui forme notre véritable personnalité.

J’ai bossé dans la mode dans les années 90, celles des supers top models. Je les ai toutes vues. La plupart n’étaient pas plus impressionnantes que ça dans la vraie vie. Lorsqu’elles arrivaient le matin en jean et pas maquillées, tu ne tombais pas par terre non plus. Une fois couchées sur le papier glacé, c’était autre chose. Alors faut oublier ce mythe de la meuf parfaite. De toute façon on n’a pas le choix, n’est-ce pas ? Et puis le physique c’est subjectif.

Perso, je me déteste en photo et depuis toujours. Je me dis « mais qui est cette meuf ? ». À postériori, je ne me trouve pas si dégeu mais jamais sur le moment. Bon tu m’étonnes, maintenant chaque année c’est comme si tu te prenais un bus dans la gueule donc c’est sûr que de revoir des photos d’il y a, ne serait-ce que 2 ans, fait un choc. Par exemple, là je viens de faire une vidéo – ouais faut que je m’y mette si je veux donner de la visibilité à mon contenu. Attention je ne suis pas une influenceuse hein, je n’influence que moi-même et encore. Je reste dans ce que je sais faire, le stylisme. Bref, c’est vraiment une épreuve d’être confrontée à son image. De constater que ouais t’as bel et bien ton âge Josette. Faut être cinglée pour se mettre en scène comme ça sur les réseaux. Franchement j’ai honte de rien !

Tout ça pour vous dire que je ne connais pas beaucoup de nanas qui se trouvent au top physiquement et que c’est là que les fringues rentrent en jeu. Elles contribuent à l’estime de soi. Enfin moi j’ai toujours vécu ça comme ça depuis toute jeune. J’ai pris confiance en moi grâce à ça. C’est sûrement très con mais c’est comme ça. J’étais une gamine toute souffreteuse et c’est au collège que par la magie d’un bon style, je suis devenue « populaire ». J’ai donc plus investi là-dedans (et je ne parle pas que pécuniairement) que dans mon physique, ni dans mes études d’ailleurs. C’est un peu comme une cape de super-héros. Sapée comme jamais (et ça aussi c’est tout à fait subjectif), tu te sens invincible. C’est un acte militant que l’on se fait à soi-même finalement. Si on se sent bien dans ses fringues, on se sent prêt à s’ouvrir aux autres et peut importe la taille de son fute, l’ovale qui s’affaisse, la culotte qui gloglotte, les cheveux raplapla. On ne se voit plus façon puzzle mais comme un tableau harmonieux.

Alors je ne suggère évidemment pas de tout miser là-dessus mais d’y prêter une attention toute particulière, ça oui, car c’est SE porter une attention toute particulière et il n’y a pas de morphologie, d’âge ou question de budget là-dedans. Prendre soin de sa peau, se maquiller un peu, se coiffer, trouver un style dans lequel on se sente bien sans en faire des caisses, prendre plaisir à se préparer, c’est aborder la journée avec du baume au cœur.

Mais surtout ne faites pas de vidéo si vous ne voulez pas vous là flinguer hein ! ah ah